Le PSE, porteur d’un projet novateur pour l’Europe

Le PSE, porteur d’un projet novateur pour l’Europe

« Les grandes forces politiques ont besoin d’une compétition pour confronter leur vision de l’Europe » affirmait lors d’une interview donnée le 3 novembre dernier Martin Schulz, candidat du Parti Socialiste Européen (PSE) à la présidence de la Commission européenne après le renouvellement de 2014. En effet, il faut politiser la présidence de la Commission pour offrir aux citoyens européens un véritable débat, un réel choix entre plusieurs visions de l’Union Européenne et permettre ainsi une véritable mobilisation autour de cette institution si essentielle et pourtant si décriée.

Pourtant, le PSE semble être le seul parti réellement engagé pour une telle mobilisation. Son principal opposant, le Parti Populaire Européen (PPE), n’a ni programme, ni candidat, alors que le PSE a adopté, dès juin dernier, son Programme fondamental, résultant de nombreuses consultations avec des membres de la société civile.

Politiser l’Europe, c’est lui donner de la visibilité, c’est lui donner de la force. Mais d’une Europe forte, le PPE ne veut pas.

Les élections européennes de 2014 marquent une grande première: l’élection par le Parlement du Président de la Commission (qui sera donc le candidat du parti arrivé en tête aux élections de mai). Pourtant, nombreux sont les chefs d’Etat et de gouvernement qui considèrent le vote du Parlement comme une simple ratification du nom qu’ils auront eux-mêmes proposé.

Le Président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, craint quant à lui une opposition forte entre une Commission politisée unie à un Parlement légitime, d’une part, et les chefs d’Etat et de gouvernement, si ceux-ci n’acceptent pas le nom proposé par la chambre pour la présidence de la Commission. Il faut poser la question : est-il si inimaginable que les Etats acceptent une présidence reflétant le résultat d’un vote démocratique ?

Les listes des candidats européennes ont été votées ; la campagne peut désormais commencer. Le Programme du PSE reste pour l’heure peu diffusé, d’autant qu’il n’est disponible qu’en version anglaise (lien ci-dessus). Quelles en sont les propositions phare ?

Le PSE veut une Europe davantage tournée vers la société, des institutions représentatives, des marchés régulés. Une Europe dont les institutions sont proches des citoyens, grâce à une Commission reflétant le résultat des élections européennes, grâce aussi à une plus forte implication des parlements nationaux et de la société civile pour élaborer les traités. Une Europe avec un Parlement fort, disposant de l’initiative législative. Une Europe qui n’envisage pas la discipline budgétaire sans la contrepartie d’une mutualisation des risques. Une Europe qui ne se préoccupe pas que de stabilité des prix, mais donne à la BCE pour mission de veiller également sur l’emploi et la croissance. Une Europe, enfin, qui encourage la participation des salariés à la vie de leur entreprise, qui taxe et régule le secteur financier et lutte contre l’exil fiscal.

Le PSE propose un « nouveau contrat social », garant des droits humains, économiques, sociaux et culturels. Il veut faire converger les standards sociaux entre pays européens et notamment instaurer un salaire minimum commun. Il veut renforcer le rôle de l’Etat-providence, garantir une éducation de qualité pour tous, imposer des quotas en politique et dans les entreprises pour atteindre l’égalité des genres. Il veut que les pays membres coopèrent dans la lutte contre le chômage via la mise en place d’instruments efficaces comme la Garantie jeunes (aide à l’insertion sur le marché de l’emploi) ou la redistribution du temps de travail. Il veut protéger les services publics.

Le PSE veut réduire les inégalités et restaurer le sentiment d’appartenance à l’Europe grâce à la mise en place d’une Union de solidarité. Solidarité entre générations, en assurant aux personnes âgées l’accès à la retraite et au système de protection sociale et en garantissant aux enfants l’accès à l’éducation. Solidarité entre citoyens de tous les Etat, en renforçant la cohésion sociale, en luttant contre les populismes et les nationalismes. Solidarité vis-à-vis des générations futures en mettant l’accent sur la soutenabilité environnementale de notre modèle économique. Solidarité, enfin, vis-à-vis des autres peuples, dont notre politique étrangère doit respecter les droits, et soutenir par l’aide au développement et l’engagement humanitaire lors de conflits armés.

Ce programme, adopté en juin, pose les bases du projet du PSE, sa vision pour l’Europe. C’est pourquoi les propositions ne sont pas toujours concrètes : ce sont aux partis socialistes des pays membres de le décliner, maintenant que la campagne est officiellement lancée.

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